Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 11:46

 

 

Les habitués auront reconnu le texte publié sur ce blog il y a un bon moment ! Continuation de projet, évolution des idées et concepts.

 

J'ai donc réalisé le clip de cette chanson dont la musique et la direction artistique ont été prises en charge par Subcircle Project.

 

Je dois avouer être assez fier de celui-là. Ceux qui me connaissent bien y reconnaitront mes infliuences ;-)

 

>> Vous pouvez retrouver toutes mes vidéos sur YouTube

Par FzG - Publié dans : Courts et très courts
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 11:41

 

 

Un petit montage d'archives réalisé par mes soins. Les images utilisées sont toutes libres de droit et la musique a été composée spécialement pour l'occasion par mon ami Subcircle Project.

 

>> Ma chaîne YouTube

Par FzG - Publié dans : Courts et très courts
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 11:39

 

 

Un pocket film réalisé dans le cadre du cours "pratique et théorie" de licence 2 Cinéma de l'université Rennes II.
Les impératifs de l'exercice étaient de créer un plan séquence à l'aide d'un téléphone portable et de post-synchroniser le son et de présenter le projet ainsi qu'un dossier de production.

L'exercice a été réalisé par :
Quentin BOISRAME (écriture, jeu, montage image)
Baptiste GAUCHER (régie, cadrage)
Clovis GICQUEL (création sonore, montage son)
François GREMAUD (écriture, production, réalisation)
Alexandra GUILLEMIN (régie, jeu)
Valentin Lefebvre (écriture)

 

>> Ma chaîne YouTube

Par FzG - Publié dans : Courts et très courts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 14:48

           J'ai rencontré Sulfure. Et le résultat est stupéfiant. J'avais dans mes papiers concernant Francesco Tomasi un document des plus occultes, quasimment impossible à déchiffrer. Sulfure aussi. A nous deux, et après des heures de travail nous avons réussi à le décoder. Nous vous le livrons ici. Le ton littéraire de la chose est une pure invention. En effet, le travail se composait sous la forme d'un recueil d'image comme le très connu Mutus Liber. Nous avons décodé les gravures et les avons mises en parallèle avec certains articles du Journal et voici l'enseignement le plus complet concernant les travaux de cet homme hors du commun. Il reste encore des parts de mystère mais je ne doute pas que nous parviendrons sous peu à la complète compréhension du message de cet alchimiste peu conventionnel.

 


 

        La véritable Pierre n'était pas ce que nous croyions.

       Bien que celle que j'avais fabriquée sur les indications de mon père permettait la transmutation de tous les métaux en or et apportait la santé à quiconque la portait, il y avait un secret bien plus grand. Un pouvoir que chacun porte en soi, que la Pierre peut apporter plus facilement mais que chacun peut découvrir sans l'aide de cet objet. J'ai découvert cela dans le désert de mes nuits. La pierre était en fait au fond de moi, dans le gouffre innaccepté de mon infinité.

       Dans la nuit, j'ai allumé un feu, j'ai ouvert les yeux, j'ai pénétré mon infinité et je l'ai acceptée. A force de voyage en moi-même j'ai atteint le tout. La force qui régit l'univers entier, la vie elle-même. Nous sommes tous des Dieux en puissance. Nous portons en nous les flammes des souffles de la vie et de la mort. Nous portons le principe même de la vie, du temps et de l'espace. En domestiquant les souffles notre infine devient actif. Ce n'est plus le souffle qui agit mais notre propre conscience.

       Pour naitre à la vie terrestre, deux souffles sont nécessaires. Celui de l'âme infinie, issue du principe actif de l'univers. Issue de l'âme de l'univers. Souffle infinie, immortel et immuable. Ce souffle est relié au souffle de la vie terrestre, émanant de l'union du roi et de la reine (émanant eux-même de leurs ancètres, émanant du tout).

       L'homme diffère des autres animaux par la conscience, l'esprit liant l'âme et le corps. Par ce lien il peut parvenir à la connaissance de son corps mais aussi de son âme. L'homme sur le chemin de la vérité ne doit pas seulement connaitre ces deux entités. Il se doit de connaitre aussi son esprit. Car c'est au point de concordance de ces trois souffles que se trouve la Pierre. Issue de la vérité ultime, elle permet, grâce à l'esprit de garder le corps intact.

       Lorsque les souffles de l'âme et du corps se dispersent, la mort arrive. Le corps retourne à la terre, et l'âme retourne au tout. La conscience, dès lors, s'évanouit. L'immortalité consiste donc à garder ce lien entre corps et âme intact. Pour rester conscient et ne pas mourir. Le secret est là, il ne faut pas laisser se perdre sa propre conscience.

       La Pierre fabriquée, peut permettre de garder le corps intact, par conséquent, les souffles de l'âme et du corps ne s'évanouissent plus par la vieillesse de ce dernier. Mais il peut exister un rejet, l'âme peut vouloir retourner à sa source même si le corps est en bonne état. Le lien important, dont il faut prendre soin, c'est donc la conscience. Il faut durant la vie terreste, apprendre à maitriser les trois souffles, pour qu'en parfaite adéquation, ils se rejoignent au milieu de chacun d'eux. Il faut entrainer les trois souffles pour tendre vers ce centre immortel et divin.

        A un stade plus élevé, le corps peut être lui même transmuté. Ceci permettant de voyager à travers l'espace et le temps en toute liberté. Le corps doit être défait puis refait ailleurs sans que le sujet perde conscience, pour pouvoir ancré son âme dans le corps grâce à la force de son esprit. Le risque est grand mais les possibilités infinies. La conscience doit se plonger en entier dans l'âme, ne faire qu'une avec la vérité ultime. Le processus de transmutation peut alors commencer. Le corps doit être défait, puis reconstruit où l'on veut (temporellement et spatialement). Il faut ensuite que l'esprit guide l'âme vers ce nouveau corps, et l'ancre en lui, pour renaitre à la vie terrestre.

 


Voilà, en substance et en partie, ce que nous avons découvert... La vérité ultime est donc à la portée de chacun. Il ne reste plus qu'à traduire la méthode pour y parvenir. Travail dont nous sommes loin de trouver la clé du décodage. En esperant y arriver prochainement !

Je vous laisse à vos méditations...

Par FzG - Publié dans : Carnets Alchimiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 22:29

Et voilà, le dernier né de Vitriol Production. un petit prologue expérimental à Aurélia, le court métrage sur lequel je travaille en ce moment !

 

 

Par FzG - Publié dans : Courts et très courts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 21:48

Et celle que j'ai faite pour la mienne ! En attendant prochainement une petite forme un peu plus longue et intéressante !

 

Par FzG - Publié dans : Courts et très courts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 21:46

Juste une petite animation que j'ai faite pour la boite de production de mon pote Quentin. Histoire de partager un peu mon travail ;-)

 

Par FzG - Publié dans : Courts et très courts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 20:46

Notes confuses, écrites sur une page volante d'un cahier de Francesco Tomasi

Encore une fois le mystère reste entier. Le prénom féminin est anglais, correspondant peut-être à la période de l'année 1514 que l'alchimiste passa en Angleterre. Certaines phrases semblent pourtant déplacées dans le contexte de l'époque. Il se pourrait finalement que le texte soit bien plus récent... Il pourrait n'avoir que quelques années... A commenter donc


Je suis un être de ténèbres. Mon coeur est porteur du feu Babylonien et mon destin est fait de flamme et de fumée. Je suis messager d'un mal trop tôt compris et d'un espoir qui n'existe pas.

 

Ma chère Heather

Ma chair Heather

 

La lumière à laquelle tu m'appelles fait vasciller ma ténèbre, le feu, flamme et fumée, s'évanouit dans le soleil de ton visage. Tu es le messager d'un bien incompris et d'un espoir peut-être trop lumineux pour moi.

Allongée sur l'herbe d'un été naissant. Ton corps s'étend. Les lignes de mon livre n'attire plus mon regard. C'est vers tes jambes que mes yeux me guident. Tes hanches sublimes. Ta main effleurant les pages. Ta joue, rose, quand je l'embrasse. Et ton odeur, enivrante.

 


 

Il y a dans le matin, ceux qui rentrent et ceux qui partent. la nuit d'alcool me fait l'un deux. Je rentre dans le lit sans vie des amours perdus. Les odeurs de celles qui fellationnent maintenant d'autres êtres, moins méritant que je ne le fus, sont encore présentent. Sans qu'aucune d'elles ne soient claires.

 


 

La nuit est claire, les étoiles s'allument. Aucune chaleur ne viendra de ses soleils lointains. Ainsi sont mes souvenirs. Beaux, lumineux, mais froids.

 

Ma chère Heather

Ma chair Heather

 

La ténèbre me reprend en son sein. Loin de toi nul espoir pour l'être que je suis. L'homme dont la plainte déchirante le pousse vers le cadavre d'un Satan sans âge. De ses yeux coulent des larmes qui glacent. Je m'agenouille dans le cénacle infernale. Les porteurs de lumière babylonienne se retrouvent toujours dans les bras d'un maître abhorré.

 

Heather

Heather

 

Raconte moi encore une fois tes formes. Fais moi encore sentir la chaleur de tes doigts dans mon dos. Reprend moi, repent moi.

 


Par FzG - Publié dans : Carnets Alchimiques
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 23:31

Encore une fois, il faut partir. Refaire les cartons, laisser ce qu'on a vécu. Ou plutot parvenir à vivre avec, en les admirant mais sans regrets. Je ne sais pas partir, il est parfois difficile de tirer certains traits sur des souvenirs que l'on aime encore bien qu'ils n'existent plus.

 

J'ai trouvé la boite à gâteaux. Tu sais celle où je range tant de bons souvenirs qui maintenant blesse comme des pics au coeur.

 

Je suis sorti avec la petite valise rouge. Quelques livres dedans. Dont celui de ce vieil ami. Tu sais, celui qui chante de si bels chansons. Your hair upon the pillow like a sleepy golden storm. J'ai été le voir, il m'a parlé d'amour, de corps de femmes dans le soleil, de souvenirs mélancoliques qui un jour blesse comme des pics au coeur et qui, le lendemain, retrouve la saveur d'un miel, toujours un peu amer. There is a crack in everything. Ring the bells.

 

J'ai roulé un moment. Au volant de la vieil Buick rouge. Je suis arrivé près du lac. Personne ne m'attendait. La fille de mon rêve n'y était pas. Je ne suis pas reparti tout de suite. J'ai préféré regarder le soleil se refleter dans l'eau. Je n'ai pas pris de photo. Je voulais juste regarder.

 

Je suis monté un moment sur la colline. La balançoire n'est plus là. Ils ont coupé l'arbre. J'ai attendu un petit peu, comme pour voir si c'était vraiment vrai. Puis je suis redescendu. J'ai roulé une partie de la nuit.

 

J'ai appelé quelques amis et pris une bière. Une journée assez belle finalement. Je suis rentré et j'ai vu tous ces cartons empilés chez nous. Bientôt rien de tout ca, ne sera plus. Il faudra laisser la place à d'autres. En espérant que le soleil brille un peu plus pour eux.

 

Je n'ai pas encore vraiment sommeil. Le lapin jaune me regarde de ces grands yeux tristes. Il semble regretter le temps où la boite à gateau était encore vide. Moi pas.

 

Retrouvé des photos et une carte postale de montagne. A mettre dans la boite.

 

J'ai ouvert ma cage toracique et j'ai jeté un oeil à mon coeur. Je l'ai déjà vu mieux que ça. Il n'est pas bien vaillant. Je me fais du souci pour lui. Le docteur dit qu'il ira mieux un jour. Je ne sais pas s'il parle de lui, de mon coeur ou du vieux lapin jaune aux grands yeux tristes.

 

J'écoute une ancienne musique. J'aimerai pouvoir parler et partager. La vieille Buick fait un bruit bizarre. Je crois qu'elle aussi s'essoufle. Elle veut à nouveau porter quelqu'un de plus. Je crois qu'elle n'aura pas le courage de me porter seul en Italie. Je vais devoir faire autrement.

 

Puck est passé. Malgré tout ses efforts je ne bouge pas vraiment. Ses ailes à lui son intactes. Il me faudrait quelqu'un pour mettre de la biafine sur les miennes. Et un peu d'huile aussi.

 

Le cendrier a fondu, alors j'écrase ma cigarette.

 

Tu dois être capable de te réparer maintenant. Quand tu auras un peu de courage tu t'en sortiras sans moi, je pense.

 

La fatigue se rappelle à moi. J'espère qu'elle n'apportera pas sa vieille amie avec elle. Tu sais, la vieille putain, toujours avec son capuchon noir, pour qu'on ne voit jamais son vrai visage.

 

Je ne parle que du présent. Il est tard pour changer le passé et tôt pour voir le futur. La vieille Buick rouge nous portera peut-être bientôt comme elle le fit avec les autres dans le passé. Les ailes revoleront peut-être un des ces jours. Mon coeur se regonflera comme le moteur d'un train à vapeur en pleine course. La boite à gateaux se remplira de nouveaux souvenirs et le lapin jaune continuera à regarder de ses yeux tristes. Mais son coeur à lui aussi sera réjoui.

 

I'm your man disait-il. Je le suis si tu le veux bien. Il n'est pas possible de réparer celui qui ne le veux pas. J'ai toujours aimé bricoler la vieille Buick rouge. Mais je ne suis pas un docteur. Il est certaines choses qu'on ne peut barrer d'un trait ? On peut toujours si on veut.

 

Il faut parfois écouter autrement. Ton coeur bat-il encore ? Peut il battre encore dans ma poitrine ? Puis-je ouvrir ta cage toracique et regarder encore ton coeur ? J'aimerais juste voir s'il parviens à respirer. Le mien tousse beaucoup. Je fume trop.

 

Un jour j'ai vu le solei par la lucarne et j'ai cru que tout était gagné. Mais un anneau et une dame de fer font tout changer. Aujourd'hui la lune perce la même lucarne. Et rien n'est gagné. Tout est à faire.

 

There is a crack in everything/That's how the light gets in. Mon vieil ami est revenu. il a jeté un oeil à la Buick et à dit qu'il n'y avait pas 36 façons de la réparer. C'est bien ce que je pensais. Puis il a regardé le lapin jaune, il m'a dit qu'il faudrait le faire changer d'air. Selon lui la boite à gateaux devrait être agrandi. There's a lot of things left to do. Quant à la valise, il la trouve très belle. Il m'a laissé un de ses beaux chapeaux. Je le mettrais demain. Peut-être cela revitalisera un peu la Buick. Les routes sont longues et l'hiver est derrière.

 

Connais tu mon autre ami, le marin blessé ? Il espère mais essaie de ne pas croire. Pour ne pas être décu. We never know il dit.

 

I want you ton know You don't need anyone anything at all. C'est celui qui m'a donné la Buick qui disait cela. Mais aujourd'hui le vieux m'a dit aussi qu'il n'y a aucune façon de dire aurevoir.

 

J'ai bu un verre d'eau. Ca n'a pas réveillé le poisson au fond de moi. The fish is mute/Emotionless/ Because the fish knows everything. Pour cela le vieux lapin jaune à de la chance. Il n'a pas oublié qu'il était un poisson, avant. I will try to fix you, il m'a dit. Mais il n'a pas les bons outils avec lui. Il le sait, c'est pour ca que ses yeux sont tristes. Il faudrait l'emmener un jour faire un tour dans la Buick, quand tu seras avec moi. On prendra le peu qu'on a dans le valise rouge. Il faudra penser à la boite à gateau aussi. Il faudra la remplir, après l'avoir agrandie. On changera tous d'air. Le docteur ira peut-être mieux lui aussi. Et puis sur la banquette arrière on prendra en auto-stop un vieux poète, un marin blessé et un homme qui a donné une Buick. La route sera longue et les hivers seront derrière...

Par FzG - Publié dans : Les Reves Existent Encore
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 19:36

Tout a commencé quand je l'ai rencontrée, j'avais un rouleau de papier toilette à la main. Ou plutôt un immense emballage de rouleaux de papier toilette, vous savez ces fameux « packs économiques, pratiques pour le porte monnaie, certes, mais un peu craignos pour se balader dans la rue... Toujours est-il que ce jour là, je m'étais fait avoir. J'avais donc cet énorme paquet de papier toilette (rose flashy, naturellement) sous le bras lorsque je l'ai croisée sous le ciel bleu et la chaleur langoureuse d'un bel été. Pour un peu, on se serait cru non loin du paradis (en espérant qu'il n'y ai plus besoin de papier chiotte là-haut...). Elle venait d'en face, elle traversait la place d'un pas léger, d'un pas de femme en été. Elle portait un de ces robes longues à fleurs, à large décolleté et aux bretelles si fines qu'on croirait que la robe tient toute seule. Et naturellement, le détail qui tue toujours, et auquel je ne peux m'empêcher de faire allusion, elle ne portait pas de soutien-gorge. Apparition quasi-divine, quasi parfaite, juste ce qu'il fallait pour que je me questionne sur sa nature humaine ou non. J'avançais vers elle, même si ce n'était pas, je vous l'accorde, complétement mon chemin et, au moment où je croise son regard, je souris bêtement. Si pour elle fut l'apparition la plus belle de toute mon existence jusqu'alors, je fus sûrement pour elle la vision la plus ridicule qu'elle ait eu l'occasion de voir pendant les vingt années qui précédèrent ce moment. J'avançais béatement, en essayant de garder mon regard au niveau de ses yeux (ce qui était une épreuve assez difficile qui, si elle avait fait parti des douze travaux d'Hercule aurait sans doute eu raison de lui). J'essayais d'établir un contact histoire qu'elle se souvienne de moi si jamais je la croisais à nouveau par hasard. Sur ce point j'ai totalement réussi mon coup... Elle ne risque pas d'oublier l'homme au papier toilette. Je suis sur que c'est le nom qu'elle a trouvé pour parler de moi à ses amis : l'homme au papier toilette... Je peux encore m'estimer heureux, j'aurais pu me prendre les pieds dans un pavé et m'étaler comme une merde dans une merde (justement) laissée là par un chien sans scrupules comme il en existe beaucoup. J'aurais au moins eu à ma disposition vingt-cinq rouleaux de papier toilette rose flashy jurant outrageusement avec ce vieux t-shirt rouge, détendu et délavé que je portais pour l'occasion.

 

Je suis donc passer à côté d'elle béatement, souriant stupidement. Le fait-est qu'elle m'a rendu mon sourire, à la différence que le sien était loin d'être stupide mais tout ) fait charmant et délicieux. Un de ces sourires qu'on oublie pas, lèvres rosées, un petit coin au creux de celles-ci. Elle m'a regardé, droit dans les yeux, et est parti avec ce petit sourire aux lèvres. Je me suis retourné, je l'ai regardée partir, elle a tourné au coin de la rue et je l'ai laissée partir.

 

Je vous entends déjà : « Tout ça, pour ça ! Vraiment c'est décevant ». Dans un premier temps j'aimerai vous dire « merde ». Dans un second temps « si vous n'êtes pas content vous pouvez toujours lire autre chose ». Et pour finir, la promesse idiote que je me suis faite de ne raconter ici que la stricte vérité me force à vous dire que l'histoire ne s'arrête pas là et que vous ne serez pas déçu (ou si vous l'êtes je vous prierai de me faire parvenir électroniquement une lettre manuscrite explicitant votre désappointement et une photocopie de vos notes de baccalauréat. Si votre argumentation mérite une note supérieure à celle obtenue à la moyenne de l'épreuve de philosophie et de littérature, vos frais de lecture vous seront intégralement remboursés. Pour les personnes ayant passé un bac autre que littéraire, la moyenne se fera sur l'épreuve de philosophie et de l'oral de français. Merci d'en prendre note.)

 

Je la laissais donc partir et retournait dans mon appartement crasseux au quatrième et dernier étage d'un petit immeuble tout aussi crasseux et ne disposant naturellement pas d'ascenseur (le quatrième n'est pas très haut, mais passer dans un si petit escalier avec autant de papier toilette tient de l'exploit, je vous assure). J'ai déposé l'embarrassant paquet dans l'endroit qui devait être le sien, j'ai ouvert la fenêtre et je me suis allongé tranquillement dans mon lit double. Vous vous demanderez sans doute pourquoi un célibataire a besoin d'un lit double. Premièrement je n'ai jamais dit que j'étais célibataire, juste que j'avais rencontré une fille à tomber par terre. Deuxièmement, il faut bien se rendre à l'évidence que je suis célibataire et que j'avais acheté ce lit pour ma petite amie précédente, juste avant qu'elle ne parte vivre sa vie avec un bel étranger à guitare... Depuis je hais les beaux joueurs de guitare et j'ai un magnifique lit double qui ne me sert à rien sinon à me permettre de m'étaler de tout mon long la nuit... J'ai divagué un peu, j'ai senti la chaleur de l'été prendre tout mon corps et me bercer dans une torpeur que seul Zither de R.E.M aurait pu égaler. Je me laissais aller ainsi pensant à cette belle inconnue et à tout ce qui n'aurait jamais lieu entre elle et moi. Je me suis relevé après un moment et je me suis assis sur le bord de la fenêtre, les jambes étendues sur le toit de tuiles romaines rouges pour fumer une cigarette. C'était un été comme les autres, les cigales chantaient, les eaux des fontaines s'coulaient paisiblement et les touristes déambulaient le long des rues. Je suis sorti pour déambuler au son des cigales et des fontaines sans rouleaux de papier toilette sous le bras.

 

Je me suis assis sur un banc, à coté d'un vieux qui dormait la bouche grande ouverte et j'ai bien fait. Sans vouloir me vanter je pense que je lui ai sauvé la vie, au vioc. On était là, tous les deux/ Lui, la bouche grande ouverte, moi en train de bouquiner, quand je vois une de ces fameuses bestioles qui ferait mieux de s'affairer à butiner plutôt que de venir les étés des entomophobes et même des autres. Cette guêpe se pose sur le nez de mon compagnon de banc et décide à faire une petite marche, histoire de reposer ses ailes et de dégourdir ses petites pattes. Je regardais quelque peu interloqué le manège de la bestiole lorsqu'il lui prit l'envie d'aller faire un tour dans l'orifice buccale du saint homme assoupis. Saisi de crainte, je m'imaginais tous les scénarios imaginables (tous plus horribles les uns que les autres), une piqure dans la gorge suffirait à tuer cet homme de Dieu devant moi et je ne voudrait en aucun cas être témoin d'un tel drame. Je m'apprêtais donc à fuir à toute jambe quand je me souvins que l'on m'avait appris que le grand type là haut était omniscient. S'il existait, il risquait de me faire faire piquer par des guêpes infernales pendant l'éternité alors que lui se la coulerait douce avec la fille en robe longue sans soutien-gorge... Pensant donc qu'il valait mieux prévenir que guérir, je me suis mis à essayer de sortir la bête de sa tanière. Je m'approchais donc du curé et notait mentalement les allers et venus de la Vespula Vulgaris, ma grande peur étant que la respiration de l'homme et les mouvements de l'insecte ne soient pas coordonnés. Imaginez un instant que l'homme inspire au moment où la guêpe pénètre dans sa bouche... Le drame pouvait se produire. Je pris donc le menton du ministre de Dieu entre mes doigts et je fermais brutalement sa bouche, tandis que je chassais la créature jaune et noire du revers de la main. Elle prit bien sûr le soin de faire pénétrer son dard dans les couches supérieures de mon épiderme avant de s'en aller vers d'autres horizons. Tout ceci se passe naturellement très vite, et le vieux que je venais sans doute de sauver se réveilla sous le violence de la scène. Il me prit pour un fou, me traita de rustre et parti sans remerciements mais avec moultes injures.

 

« Et c'est forcément à ce moment là que la fille arrive ! » Non, non, non, rien à voir. C'était juste une digression du récit. Vous ne voudriez pas arriver trop vite à la fin quand même ! Et puis tout ne peut pas arriver toujours au bon moment. C'est la vie, les enfants, je ne suis pas en train de vous raconter des fables inventer pour votre plaisir et le mien. Il y a autre chose dans la vie que les jeunes femmes en robe longue sans soutien gorge. Denis disait donc vrai quand il vous traitait d'impatient...

 

Je repartis donc, la main me lançant douloureusement, mon livre sous le bras, en me disant que finalement se serait moi qui passerait l'éternité dans la félicité suprême et que ce serait le vieux curé bougon qui irait dans les sphères infernales se faire piquer par des Vespula Infernis dans la bouche jusqu'à ce que celle-ci soit si boursoufflée qu'il ne parviendra même plus à articuler un amen.

 

Il était l'heure de manger et je ne trouvais rien de mieux à faire que de me diriger chez le clown aux cheveux rouges manger un truc dégoulinant de graisse mais tellement bon quand on est tout seul et qu'on a bien le flemme de se cuisiner légumes et autres produits bons pour la santé. Et puis je suis rentré chez moi, j'ai mis le troisième de Ludwig Van à fond, moitié pour moi, moitié pour le voisin qui met la techno jusqu'à trois heures du matin les nuits où je décide de bien dormir. Je me suis endormi après sans autre pensée que celle d'une jeune fille à robe longue, à fleurs, à large décolleté et aux bretelles si fines qu'on croirait que la robe tient toute seule.

Par FzG - Publié dans : Les Reves Existent Encore
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés